Se reconnaître comme membre de l’entourage en santé mentale

proche en tout tempsPar Kathy Guilhempey, chargée de projet en communication pour Proche en tout temps.

C’est à pas feutrés que bien souvent, on commence à aider. Les choses se font naturellement, peut-être encore plus quand on aide une personne aînée. Au départ, c’était simplement l’écouter, l’accompagner chez le médecin. Puis faire l’épicerie, de temps en temps. Et de plus en plus souvent. Dans le tourbillon de nos vies, prendre le temps de se poser et de réfléchir est tout un défi, trop souvent laissé de côté. Et nous voici devenus des membres significatifs de l’entourage, ou encore des proches aidants en santé mentale, la prise de conscience intervenant bien souvent aux premiers signes d’épuisement.

Au fait, qu’est-ce qu’un proche aidant? Simplement une personne qui vient en aide bénévolement à une autre. Elle peut faire partie de la famille ou du cercle social (voisinage, ami, etc.).

«C’est ma conjointe, c’est normal que je l’aide!», est une phrase bien connue des intervenants dans le domaine. Normal? Peut-être. Mais il est important de garder en tête qu’il s’agit d’un choix. Parce qu’on a toujours le choix. Les transports adaptés, lignes d’écoute, aide-ménagères et pléthores d’autres services existent après tout.

Aider doit donc être un choix conscient, prenant en compte ses propres capacités et limites, car il existe divers degrés d’investissement allant de téléphoner à la personne pour prendre de ses nouvelles à préparer tous ses repas. Il y a aussi plusieurs façons d’aider: aller aux rendez-vous médicaux avec la personne, lui expliquer comment fonctionne sa nouvelle tablette, jusqu’à… en faire moins, pour favoriser son autonomie et son rétablissement, même s’il s’agit d’une personne aînée.

Avant de vouloir aider, il est important d’interroger la personne sur ses besoins car elle est la mieux placée pour les évaluer et les connaître. Trop aider revient à infantiliser. En santé mentale, on parle davantage de rétablissement que de perte d’autonomie. On gagne toutefois à revalider régulièrement les besoins de la personne car ils peuvent changer dans le temps.

Aussi, parmi les besoins identifiés, l’aidant devra choisir comment s’impliquer. Inutile, par exemple, de demander à un bavard impénitent d’écouter. La personne se sentira sûrement frustrée de ne pas être écoutée, et le bavard ne comprendra pas pourquoi la personne a l’air si ailleurs ou de mauvaise humeur à chacune de ses visites. Par contre, ce grand bavard n’a peut-être pas son pareil pour repeindre le salon, même si ça n’arrive qu’une fois aux 3 ans. Et c’est correct.

Reconnaître son rôle d’aidant est capital pour prendre conscience de l’impact que cet engagement a sur sa vie et prévenir l’épuisement. Un aidant épuisé ne peut plus aider personne. Il est donc vital pour l’aidant, d’apprendre à reconnaître ses propres signes de fatigue, et bien avant ça, de prendre soin de lui-même: voir ses amis, avoir un(e) confident(e), marcher en forêt, aller voir un film, consulter au besoin.  S’aider soi-même en premier, laisser l’idée romantique du sacrifice pour les scénarios télévisés. S’aimer, pour pouvoir aider tout simplement. Et il n’est jamais trop tard pour commencer…

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